Aucun rendez-vous ne l’avait sorti de l’appartement qui tendait à devenir sa coquille.
Quand, même s’il s’était douché et habillé pour sortir acheter de la nourriture, il se dirigeait vers une vie recluse dans cet hlm.
Bien sûr la connection par le biais du réseau informatique Internet était bien réelle. Mais si peu physique, comme un rêve, un contact insaisissable.
Pas de problème d’argent à l’horizon de cette semaine, étonnant paradoxe, car depuis qu’il était sorti du service actif au travail salarié, son compte en banque n’était plus à découvert. Il vivait une décroissance obligatoire sous le seuil de pauvreté, recevant peu d’aide, dépensant encore moins.
Un gout immodéré pour les choses de la technologie, apparut il y a plus de trente cinq ans dans son adolescence, lui servait bien maintenant. Il était à l’aise derrière l’ordinateur connecté, ayant vécu et même participé à l’aventure électronique qui fit apparaître le réseau.
Enfermé dans son chez lui sa marotte du moment était d’essayer de recréer en permanence un univers de travail. Comme si l’usine qu’il avait quittée depuis cinq ans, jeté au chômage, ne voulait pas le lâcher. Il notait tout ce qu’il faisait sous la forme d’écrans qu’il montrait au monde, dans une tentative un peu désespérée d’y exister toujours.
Dans l’appartement le fond de l’air résonnait en permanence du babil de la radio, ces temps ci il avait changé celle appelée france inter pour france culture, vraisemblablement le contenu lui semblait plus en adéquation avec son humeur intellectuelle et/ou politique du moment.
Les sites Internet des marchands de chair à usine et autres bureaux lui déversaient des tonnes d’emplois précaires possibles, souvent inaccessibles en lieux, ages ou compétences.
Les réseaux sociaux lui mangeaient tout son temps en lecture de petits éléments de la pensée des autres provenant du monde entier.
Un énorme effort lui fit faire en deux heures ce qui n’aurait demandé qu’un quart d’heure à quelqu’un d’heureux au travail, vider un dégagement avec l’intention d’y installer une armoire qu’on lui avait donnée.
Un deuxième effort lui fit prendre contact avec une des personnes qui venait à l’atelier informatique qu’il animait, rendez-vous fut pris pour le surlendemain au matin, ils verraient pour trouver un logiciel de Dessin Assisté par Ordinateur pour elle. La solitude allait perdre un peu de points.
Le problème d’alcool, sournois, semblait vouloir réapparaître, danger!