Il croyait avoir repris en main sa vie qui dérapait. Internet, alcool, désir de sexe, trois dépendances épuisantes et autodestructrices. Qu’avait-il fait?
Dans un premier temps il avait essayé de séparer ses deux vies. Celle ayant trait au travail et l’autre, sa vie plus personnelle. Et voila, le délire reprenait.
Dans son site web dit « professionnel » il avait retiré tout ce qui était du domaine du privé. Matériellement, dans l’appartement, l’informatique prenait moins de place physiquement quand il ne produisait pas, réduite au petit ordinateur et au boitier du cable numérique. Sinon, quand il travaillait, il posait le gros ordinateur sur la table. Le soulevant du sol où il se trouvait à côté de l’écran tourné contre le mur.
Toute la journée, enfermé, pauvrement relié aux autres par Internet, il avait l’impression d’exister par des demandes imprévues. Par exemple, celle d’un ami afin d’aider quelqu’un pour installer linux sur l’ordi de son fils. A qui il avait répondu oui, l’ami transmettant son adresse email. Un délire certainement, ce ne serait pas fait, personne n’appellerait.
Il avait téléphoné à Mikéla, elle avait dit que sa voix était changée. Il se retrouvait dans le rôle du mec qui avait quelque chose à se faire pardonner. Pourtant il n’était toujours pas d’accord avec le cours que prenait leur relation! Devait-il se mettre à jouer le chevalier plein de courtoisie? Elle allait venir à la ville cet après-midi là, il lui proposerait un rendez-vous dans un café près de chez le Docteur qu’elle venait voir.
Dans un coin de l’écran Nine s’était faite disponible, il lui avait dit « petit bonjour ».
Il avait essayé de reprendre les choses en main. Encore une fois il s’était abimé dans l’écriture de ce texte dans l’espoir d’y arriver.
S’il voulait sortir, il lui fallait des vêtements propres.
Nine répondit bonjour, en précisant qu’elle s’en allait au travail.
Il était retourné ranger son linge propre. Bilan, il avait de quoi s’habiller durant trois jours, et il ne possédait qu’un seul pantalon!
C’était là que tout coinçait. Il se rendait compte de l’ampleur de ce qu’il y avait à faire pour vivre seul et normalement!
Normalement?
Il avait écrit « normalement »!
il avait senti que c’était un chapitre entier qui s’était pointé à l’horizon de sa réflexion, qu’ évidemment il allait reporté à plus tard.
Le café très fort qu’il avait pris faisait moins d’effet, il avait été transporté, adrénaliné, et c’était la descente, fallait négocier les paliers de décompression. Il était incapable de se calmer, incapable de se redémarrer! vaine constatation!
Le druide n’est plus dans son rêve:il vient de se dévoiler à lui même (c’est beaucoup plus violent que de se mettre à poil en public ) Une nouvelle vie commence pour lui !S’affirmer être soi-même et ne plus toujours répondre à l’autre ce qu’il veut entendre !!!
En français actuel une citation (afficher dans ma chambre )
« La plus grande chose au monde,c’est de savoir
ETRE SOI »
Michel De MONTAIGNE (1533-1592 )
TOURTAN